Conférences

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La Peau racontée
La Peau racontée
Tous les écrivains sont des écorchés vifs, qui rapportent inlassablement que l’aventure humaine est affaire d’épiderme.
Un voyage épidermique à travers la littérature et les arts.

Dit par l'auteur
Présentation

La peau racontée
Un voyage épidermique à travers la littérature et les civilisations
Kinésithérapeute, écrivain et essayiste, Régine Detambel aborde le sujet pluridisciplinaire de la peau. Cette conférence-débat, appuyée sur une expérience de praticienne, mais aussi sur l’essai Petit éloge de la peau (Folio 2007), entraîne le public des lecteurs dans un échange philosophique et artistique. Depuis les rides de la grand-mère de Marcel Proust jusqu’au célèbre paradoxe de Paul Valéry : "Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est sa peau" ; depuis le papier porte-voix du philosophe Derrida jusqu’aux poèmes de Bernard Noël ; depuis la Princesse au petit pois d’Andersen jusqu’aux journaux de l’américaine Sylvia Plath, en passant par La Démangeaison de Lorette Nobécourt, tous les écrivains sont des écorchés vifs, qui rapportent inlassablement que l’aventure humaine est affaire d’épiderme.
Cette conférence a déjà été prononcée dans les bibliothèques de Vigneux-sur-Seine, Cahors, Roanne… On peut écouter ou télécharger ici l'intégralité de la conférence donnée à la Médiathèque Emile Zola de Montpellier, en janvier 2007. 

Argumentaire
La peau est notre interface entre le dehors et le dedans. De tous les organes des sens, c’est le plus vital. Car on peut vivre aveugle, sourd, privé du goût et de l’odorat mais, sans l’intégrité de la peau, on ne survit pas. À l’intersection du moi et de l’autre, elle est un lieu d’échanges infinis avec le monde extérieur. Tout à la fois fragile comme un voile et solide comme une muraille, elle rougit ou frisonne. Peau à jouissances, elle est aimée et caressée, par la mère, par l’amant, elle nous édifie, et nous donne la confiance en nous. On est bien dans sa peau. Peau à souffrances, elle dit, dans sa nudité, tout le dépouillement de l’être humain et sa faiblesse. Masquée, tatouée, peinte, parfumée ou maquillée, elle porte inlassablement des messages et des codes à voir ou à toucher. Blanche, noire, métissée, nous avons tous la même peau : une sublime enveloppe qui, à force, se ride et vieillit. Mais on tient à sa peau…

Il est encore des sociétés où la peau humaine tient lieu de littérature. Elle est alors papier, qu’on orne de signes, peau-parchemin. Et, sans doute, les livres que nous écrivons, et que perpétuent les bibliothèques, sont ce même discours à fleur de peau, même s’il semble détaché cette fois du corps de l’auteur.

Depuis Caïn, qui porta au front une tache d’infamie, jusqu’à Antonin Artaud, brûlant et trouant le papier pour lui faire rendre gorge ; depuis Gustave Flaubert, hanté par le personnage du lépreux, jusqu’à La Peau de chagrin d’Honoré de Balzac ; depuis le supplice chinois du dépècement, minutieusement décrit par Octave Mirbeau, jusqu’aux écorchures de l’enfance chères au Nabokov de Lolita, il s’agit de parcourir le chemin de la peau pour aboutir enfin à l’expérience de la caresse.

Fiche technique
Durée de la conférence : environ 1h30 (en comptant l’échange avec le public)
Matériel requis : sonorisation.
Pour les lieux équipés en conséquence, un cd-rom de 100 fichiers jpeg de reproductions d’œuvres accompagne la conférence. Du retable d’Issenheim aux Concepts spatiaux de Lucio Fontana, en passant par le plafond de la Sixtine et les planches d’anatomie de Vésale ; de Mantegna à Bacon en passant par Shitao ; des portraits du Fayoum à Bonnard ou Beuys, des pages manuscrites aux films de Masamura, la peau, obsession des plasticiens et des cinéastes, se prête également aux images.
Un atelier d’écriture pourra compléter la conférence. Ce sujet cutané pourra être également mis en lien avec le fonds patrimonial (images d’écorchés, planches anatomiques, documents sur le corps…).