Fictions

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Trois ex
Régine Detambel
Trois ex
Actes Sud
roman

Date de parution : 2017
Présentation Presse

Trois ex, roman, Actes Sud, 2017.

Trois ex fait partie des six romans et six essais choisis pour le Prix France Télévisions 2017 par le jury de sélection, présidé par François Busnel (La Grande Librairie). Comme chaque année, c'est un jury composé de téléspectateurs qui désignera les lauréats.
Les Prix Essai et Roman France Télévisions 2017 seront annoncés en direct dans La Grande Librairie du 23 mars prochain.


Quatrième de couverture

Créateur tourmenté et orgueilleux, August Strindberg se maria trois fois – trois unions ratées, terribles et destructrices, empoisonnées par la jalousie et la paranoïa, puis compliquées par la pauvreté et un fort penchant pour l’absinthe. Faisant payer à ses épouses le prix de son impécuniosité, Strindberg fit de la vie conjugale un véritable enfer, et y puisa une inspiration féroce, se vengeant à coup d’œuvres nourries d’une joie dévastatrice. Son ascension littéraire, la reconnaissance de ses pairs, son talent éclatant à la face du monde, rien ne suffit pourtant à le guérir de cette misogynie dévorante.

Trois ex est un porte-voix offert à ces épouses aux ailes brûlées, qui relatent à tour de rôle les bonheurs et les drames de leur mariage avec le monstre sacré. Se glissant dans la peau de chacune d’elles, leur confiant les rênes de son récit, Régine Detambel incarne avec une intensité rare les emportements d’un écorché qui, parmi les premiers, mit à nu sur scène l'indocilité du désir… et les affres de la vie à deux.

Régine Detambel est l'auteur depuis 1990 d'une œuvre littéraire de tout premier plan. Chevalier des Arts et des Lettres, elle a été lauréate du prix Anna de Noailles de l'Académie française. Elle est formatrice en bibliothérapie créative.

Dernier ouvrage paru : Les livres prennent soin de nous (Actes Sud, 2015)



L'avis de l'auteur

Impossible de ne pas écrire sur Strindberg. Je me serais privée de dialoguer avec un vampire. Vampire, c’est ainsi qu’il voyait les femmes. Celui qui dit est. On peut questionner la misogynie universelle avec Strindberg. Du mariage il a tout vécu, et tout souffert. Trois épouses, trois divorces. Trois unions ratées, terribles, destructrices, compliquées par la misère.

Ses femmes… Des livres entiers dressés contre elles, pour tenter d’expliquer qu’il avait eu raison pour tout, et elles tort. Ce qu’il a pu déblatérer !

Mon écriture est un porte-voix offert aux trois ex de Strindberg. Entre ce qu’il en a dit, lui, et ce qu’elles en ont dit, elles, de leur mariage, il y a donc ce roman, écrit dans un enthousiasme indescriptible. Chaque fois que je découvrais une nouvelle folie matrimoniale de Strindberg, je jubilais. A la fois voyeuse et conteuse. Avec cependant cette idée de fond qu’il allait m’éclairer sur les rapports femme/homme. Mais ce fut le plus souvent d’une clarté d’aurore boréale !

Qu’ai-je raconté ? Les aventures extravagantes d’un affreux misogyne alchimiste et buveur d’absinthe… Ou tout simplement celles d’un père de famille torturé par la peur panique de n’être pas à la hauteur, qui n’a pu mener de front la vie incertaine du créateur, par essence bohême et sans-le-sou, et celle du père nourricier, stable et fiable, dont il avait rêvé tout autant…

Mais pas seulement. On trouve tout chez Strindberg. Dieu et Satan. La peinture et le théâtre. Paris, tout autant que Stockholm, Vienne ou Berlin. Sans compter que la liste des résonances avec notre siècle est stupéfiante. Il a été condamné en Suède pour « blasphème envers Dieu », il a été la cible des intégristes et des fanatiques. On a même profané sa tombe.

Même si Strindberg est mort il y a plus d’un siècle, quelques jours après le naufrage du Titanic, tout ce qu'il a vécu vibre étrangement fort en moi.

Assez fort pour que ce roman ait été inévitable !



Quelques papiers, quelques images…

La Grande Librairie, François Busnel, France 5, 19 janvier 2017
Regarder l'émission

Ici, un éclairant papier de Corinne François-Denève, dans En Attendant Nadeau. Journal de la littérature, des idées et des arts

Dans quelle éta-gère
, Monique Atlan, France 2, 4 janvier 2017
Regarder l'émission

Voir le bel article de Marie-Odile André pour Diacritik en visitant ce lien

Alexandra Lemasson lit un extrait de Trois ex, pour France Infoon la voit, on l'entend ici

Dan Burcea a lu Trois ex pour L'Internaute


Madame Figaro, Isabelle Potel « D'une superbe maîtrise stylistique, ce bref et dense roman de Régine Detambel brosse le portrait d'un grand artiste et homme détestable (…) Passionnant. »

Téléstar jeux, Olivier Petit « Trois chroniques de l'intérieur, douces et amères, sur un naufrage à chaque fois annoncé. »

Page, Claire Couthenx (librairie Georges) « Des portraits de femmes qui ne plièrent pas sous le joug d'une misogynie flamboyante. De beaux exemples. » 
 
La Marseillaise/Midi Libre, Catherine Vingtrinier « Rédigé d'une écriture hachée, nerveuse, le livre surprend par sa langue. »

L’Obs, Jacques Drillon Un « brillant petit biopic, comme on dit à Cannes, inventif, puissant, libre ».

Marie France, Bernard Babkine « D’une plume pertinente Régine Detambel fait le portait vérité de ses trois mariages – et autant de naufrages – avec une force qui fait trembler. »

La Libre Belgique, Monique Verdussen « Le rythme rapide, le trait ferme et précis, elle pique la curiosité et suscite l’intérêt pour un grand écrivain qui fit beaucoup de mal et s’y détruisit raison et santé. »

En attendant Nadeau, Corinne François-Denève « Tout l’art de Detambel est sans doute aussi de redonner, paradoxalement, une certaine humanité à Strindberg. » « Les admirateurs de Strindberg sauront aussi reconnaître en filigrane les mots de l’auteur, que Detambel reprend, en ventriloque impeccable. »

Diacritik, Marie-Odile André « Tout est fait dans Trois ex pour ne pas s’enliser dans la lente minutie du biographique. » « Ce n’est pas le moindre des mérites du livre que de redonner une existence et une place à trois femmes dont la vie, fort heureusement pour elles, ne se limite pas au rôle d’épouse de Strindberg. »

ActuaLitté, Cécile Pellerin « Un art de la concision remarquable »

La Cause Littéraire, Philippe Leuckx « Régine Detambel a un art consommé de la description réaliste et de la narration. » « Un beau livre, magnifiquement écrit, personnel aussi dans la mesure où l’auteur s’insinue avec brio dans les trames des narrations. » 

Culturebox, « Des mots de minuit », Alexandra Lemasson « Trois monologues de femmes brisées que la romancière incarne avec justesse et empathie. » « Régine Detambel signe un livre poignant qui met en lumière les affres du couple et de la création. »



Régine Detambel ou la dynamo de la littérature (Trois ex)
par Marie-Odile André, pour Diacritik, 19 janvier 2017

« C’est l’un des bons offices qu’un sexe peut rendre à l’autre – décrire cette tache d’un schilling à l’arrière de notre tête. Songez combien les femmes ont profité des commentaires de Juvénal ; de la critique de Strindberg. […] Et si Mary était très courageuse et très honnête, elle irait voir derrière les hommes et nous dirait ce qu’elle y a trouvé. » Virginia Woolf, Une chambre à soi (Denoël, 2016, traduction de Marie Darrieussecq)

On se plaît à imaginer que Régine Detambel avait ces quelques phrases en tête au moment d’écrire son dernier opus, Trois ex (Actes Sud, 2017), qui revisite la vie d’August Strindberg vue par ses trois épouses successives et constitue en même temps une nouvelle variation autour du genre de la fiction biographique dont relevaient déjà peu ou prou les textes les plus récents de l’écrivaine, Opéra sérieux, La Splendeur et Le Chaste monde (Actes Sud, 2012, 2014, 2015). Ces derniers nous livraient, en effet, le récit d’une vie, celle d’une jeune cantatrice imaginaire, Elina Marsch, celle de Girolamo Cardano (Jérôme Cardan) ou celle de Axel von Kemp, librement inspirée de la figure historique d’Alexander von Humboldt.

Un art tout d’exécution
 N’en doutons pas : la fiction biographique est d’abord une forme. « Récit fictionnel qu’un écrivain fait de la vie d’un personnage, qu’il ait ou non existé », pour reprendre la définition qu’en donne Alexandre Gefen, la fiction biographique, constitue, au sein de la production littéraire contemporaine, une catégorie aussi prolifique que diverse. Elle vit et s’enrichit de cette diversité même, s’alimentant aussi bien de la reprise d’un certain nombre d’invariants que de sa capacité à inventer sans cesse de nouvelles modalités d’actualisation du récit à partir de l’héritage constitué par le modèle des Vies d’écrivain.

Il y faut d’abord la réutilisation de données biographiques obligées que l’écriture, en même temps, se propose d’arracher à la menace du stéréotype : moments ou motifs incontournables de la biographie de la personne concernée – soit pour Strindberg, sa misogynie, son goût pour l’alchimie, ses croyances dans ce qu’il nomme les « Puissances », sa pratique de la peinture, ses convictions socialistes, ses séjours à l’étranger, les scandales, voire les procès, que lui valent ses œuvres, ses problèmes récurrents d’argent, son alcoolisme –, saisis comme autant de fragments à travers lesquels trouve à se condenser une existence ; mention de quelques œuvres-clés (Mademoiselle Julie, Mariés !, Les Créanciers, Père…) et de quelques dates (1884, 1892, 1900, 1905, 1912), comme autant de rapides jalons et de brefs repères sur lesquels on ne s’attarde pas.

Car il faut aussi de la vitesse dans le récit. Même quand la vie est longue, le récit de vie se doit d’être bref (quelque 140 pages ici). On y saute de moment en moment et de scène en scène, sans laisser au récit de repos ni de trêve : brefs chapitres, effets de discontinuité, accélérations, usage fréquent du présent de narration, phrases courtes et constructions volontiers paratactiques, tout est fait dans Trois ex pour ne pas s’enliser dans la lente minutie du biographique.

A quoi s’ajoute encore la diversité des points de vue et des formes de récit, à laquelle peut seule prétendre l’écriture fictionnelle et dont Régine Detambel joue à l’envi : le récit, divisé en trois parties principales (d’ailleurs inégales) assorties d’une sorte de prologue et d’un épilogue, donne tour à tour, dans un premier temps, la parole aux trois ex-épouses de Strindberg. Mais chacune de ces parties se divise elle-même en deux ensembles, le second proposant, sous le titre récurrent de « Divorcés !», un récit pris en charge cette fois par un narrateur extérieur. Mieux encore : dans les pages où se fait entendre directement la voix de chacune des trois femmes, se trouvent insérés ici ou là de courts passages, parfois réduits à une simple phrase, qui restituent ponctuellement et comme en contrechamp le point de vue de Strindberg à travers une réflexion ou un propos prêtés à ce dernier. S’y trouvent également insérés de brefs ensembles dialogués, écrits comme des répliques de théâtre, et qui sont censés livrer en direct les échanges, souvent tendus et volontiers acrimonieux, entre les époux.

La place des femmes
Ce n’est pas le moindre des mérites du livre que de redonner une existence et une place à trois femmes dont la vie, fort heureusement pour elles, ne se limite pas au rôle d’épouse de Strindberg. Car si la mémoire de ces trois figures féminines n’est pas totalement effacée, les traces biographiques que l’on peut en trouver reste néanmoins fort limitées, de sorte qu’elles ressortissent aussi à leur manière de ces vies oubliées ou minuscules auxquelles se réfèrent volontiers le genre de la fiction biographique. Et pourtant… La première, Siri von Essen (1850-1912), fut aussi comédienne et joua dans plusieurs pièces de Strindberg, dont Mademoiselle Julie. La deuxième, Frida Uhl (1872-1943), fut journaliste puis traductrice et ouvrit d’abord un cabaret littéraire à Berlin puis à Londres avant de partir s’installer aux Etats-Unis. Et la troisième, Harriet Bosse (1878-1961), également comédienne, eut une carrière importante avant comme après son court mariage avec Strindberg.

Il y a donc là trois vies de femmes qui ne sauraient se réduire, dans leur itinéraire personnel comme dans les vicissitudes de leur existence, au seul rôle d’épouse de Strindberg. En redonnant la parole à ces trois femmes à qui la puissance créatrice de leur mari l’avait confisquée, Régine Detambel adopte sans aucune ambiguïté une position délibérément féministe. Mais elle évite, en même temps, de limiter son propos à une simple démarche réparatrice, avec le risque qui lui est inhérent d’enfermer ses personnages dans le rôle exclusif et réducteur de victimes. Elle s’en garde grâce aux caractéristiques qu’elle prête à la voix de ses personnages, où s’expriment, au delà des seuls reproches et récriminations à l’égard de Strindberg, une énergie, une liberté de ton, un humour parfois, une capacité d’analyse critique aussi, qui leur confèrent vie et vitalité. S’affirme ainsi un vouloir vivre autonome (par exemple, Siri et sa volonté farouche de faire du théâtre) de femmes modernes qui s’efforcent de gagner leur vie par leur travail, au milieu de problèmes matériels et financiers liés en grande partie aux difficultés de Strindberg à vivre de son œuvre et à la faire reconnaître, qui se heurtent aussi aux conventions de leurs milieux d’origine ou se trouvent confrontées à des maternités qui interrompent ou rendent problématique la poursuite de leur carrière professionnelle.

Des femmes modernes qui voyagent à travers l’Europe en même temps que Strindberg ; des femmes qui s’émancipent des convenances et de la morale en vigueur (Siri encore et sa liaison avec Marie David) ; et des femmes qui divorcent à une époque où le divorce était loin d’être encore une évidence.

Des femmes enfin qui, loin d’être coupées de tout ce qui a trait à la création artistique, sont attirées et fascinées par elle à travers la personne même de Strindberg, y compris quand leurs relations privées avec ce dernier tournent au cauchemar, et qui mesurent aussi combien ces relations difficiles tiennent largement à la concurrence de « son cahier noir » – en fait ses cahiers d’écrivain – qui le sollicite en permanence et accapare tout son temps et toute son énergie.

De la création artistique
C’est pourquoi le livre ne se réduit nullement à une caricature ni à un simple portrait à charge de Strindberg. D’autant que, on l’a dit, le livre lui laisse aussi, à certains moments, la parole et le donne à voir en dehors du seul regard de ses épouses successives.

En réalité, la figure de Strindberg s’inscrit plus largement dans la lignée des personnages auxquels s’intéresse Régine Detambel au fil de ses fictions biographiques. Des êtres tourmentés, en proie aux forces qui les habitent et aux angoisses qui les rongent : Strindberg a ses « Puissances » comme Jérôme Cardan avait son démon ; le pouvoir de destruction et d’autodestruction qu’il a en lui ressemble étrangement à la pulsion mortifère de la jeune Elina Marsch. Quelque chose de détraqué, quelque chose qui touche aux frontières de la folie hante tous ces personnages et les essore en même temps qu’elle les fait vivre, comme c’est le cas aussi d’Axel von Kemp, profondément dépressif mais, en même temps, toujours surexcité, toujours en mouvement. Les personnages de Régine Detambel ne sont pas de tout repos, ni pour eux-mêmes, ni pour leur entourage. Ils donnent l’impression de créer autour d’eux des zones d’attraction qui sont autant de zones de turbulence, aux frontières d’un pathologique que l’écrivaine se plaît manifestement à explorer. D’où un sentiment de malaise que l’on peut éprouver – et peut-être plus encore à la lecture de ce dernier livre, en raison de la pesanteur de ce monde social de la fin du xixe siècle dans lequel Strindberg évolue en même temps qu’il le dénonce dans ses œuvres. Car si Jérôme Cardan ou Axel von Kemp sont animés par leur part de folie même, ils se meuvent dans des mondes (le xvie ou le xviiie siècles) ouverts aux explorations et aux découvertes ainsi qu’aux avancées de la connaissance, tandis que l’univers de Strindberg, ou de la cantatrice Marsch après lui, sont au contraire des univers sombres, inquiétants, voire déprimants, où le vouloir vivre des uns et des autres ne semblent devoir déboucher que sur la frustration, l’échec ou la folie.

Mais c’est aussi et surtout que Strindberg apparaît dans le livre à travers la dimension créatrice qui est la sienne. Et si l’homme, vu par ses trois ex, n’est guère à son avantage, c’est le moins que l’on puisse dire, l’écrivain, le dramaturge n’est pas moins présent avec la logique propre qui est la sienne, ses affres, les nécessités de son travail, le temps, l’énergie vitale qui y sont sacrifiés, les difficultés à le faire reconnaître, tout ce qui, au-delà d’une mythologie toujours un peu facile du créateur torturé et empli de son œuvre, relève des nécessités et des logiques intrinsèques à la création artistique. De ce point de vue, le livre, à travers la figure pourtant bien peu flattée de Strindberg, apparaît comme une sorte de miroir dans lequel l’auteure elle-même chercherait à s’apercevoir, faisant, comme souvent, de la fiction biographique le lieu d’une démarche spéculaire. Car si l’on voit s’affirmer le caractère à la fois vital et destructeur de l’œuvre créatrice – une ambivalence que l’on trouve ailleurs dans l’œuvre de Régine Detambel –, peut-être est-ce le prix à payer pour que « crépite », comme elle l’écrit, "la dynamo de la littérature" ? »
Marie-Odile André

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LIVRES HEBDO, 18 novembre 2016

Strindberg en mari, par Kerenn Elkaim 

« Aborder Strindberg, c'est pénétrer dans un autre monde » Celui d'un génie tourmenté, aimant sonder les abysses. Kinésithérapeute, bibliothérapeute, romancière et essayiste, Régine Detambel fait son portrait a travers les trois femmes de sa vie, afin de mieux saisir l'homme qui se cache derrière l'œuvre théâtrale et littéraire. Un portrait guère flatteur, tant il se révèle jaloux, misogyne, alcoolique et destructeur « Sur ce que doit être une épouse, une mère, August avait des idees bien arrêtées. ll ne pouvait aimer qu'en blessant, qu'en foutant le feu » A peine l'amour né, il est enterré. 

La première a s'y coller est Siri, une comédienne mariée qui abandonne tout pour lui. Le théâtre est « le seul endroit où je pourrai ressentir un peu de vie », dit-elle. Le deuil et la maternité l'obligent a y renoncer. Endetté, August ne lui offre point de consolation. Ses propres démons transforment leur relation en poison. Lorsque Siri le quitte, il se venge en écrivant le brûlot Mariés !. Le texte, jugé obscène, est d'une telle cruauté qu'il lui vaut un procès. Seul Nietzsche le soutient.

Intriguée, la journaliste Frida tombe aussi dans ses filets. Elle devient l'agente et la traductrice du dramaturge suédois, qui brise - dès leur nuit de noces - leur amour avec fracas. La pauvreté, le doute et la solitude ont bientôt raison d'August, maîs la passion s'invite cette fois sous les traits d'Harriett. A travers ces trois noces houleuses, le roman démontre que la vision du couple de Strindberg s'immisce dans son obsession créatrice. « ll avait envie d'écrire, plus que tout au monde, les doigts déjà fous d'une faim dévorante »

Kerenn Elkaim

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